11 mai 2026 : Ne pas baisser les aides en direction des plus vulnérables

Réunis exceptionnellement au Campus Numéria, site dédié à l’initiation aux nouvelles technologies au sein du parc du Futuroscope, les conseillers départementaux y ont tenu leur dernière assemblée. Les élus La Vienne en Transition ont défendu le maintien des aides en direction des personnes les plus vulnérables.
Le conseil départemental a tenu sa dernière assemblée, le 11 mai, au Campus Numéria, dans le parc du Futuroscope.
Le conseil départemental a tenu sa dernière assemblée, le 11 mai, au Campus Numéria, dans le parc du Futuroscope.

Propos liminaires : pour une allocation mensuelle temporaire revalorisée

Comme l’a rappelé La Nouvelle République dans son article de mercredi 6 mai (à lire ici), le Département a choisi en 2025 de réduire le montant de l’allocation mensuelle temporaire (AMT) de 250 à 200 €, et sa durée maximale à 3 mois. Or, cette aide à destination des personnes sans autres revenus est la seule ressource de 350 familles dans la Vienne, vivant dans un grand dénuement.

Grégory Vouhé s’est insurgé, en propos liminaires, contre les situations inhumaines engendrées par la faiblesse de ces aides.

Jeudi dernier, j’étais à la une de La Nouvelle République, « aux côtés des familles qui vivent dans la rue » – je cite le titre – pour demander au Département de rétablir l’allocation mensuelle temporaire aux enfants précarisés.
Car vous avez réduit le montant maximal forfaitaire de cette aide à 200 € au lieu de 250, tout en limitant drastiquement son versement à un unique trimestre.
Concrètement, depuis un an, les familles étrangères avec enfants qui ne sont pas éligibles aux aides sociales ne peuvent plus toucher cette allocation au-delà de trois mois. Cette aide concernait 350 familles dans la Vienne.
J’insiste : 350 familles, sans autre revenu que 200 € pendant 3 mois. 200 € en tout et pour tout.
On le sait bien, les conséquences sociales de votre ajustement budgétaire sont extrêmement graves, car d’une part vous vous défaussez sur les associations caritatives, que vous ne soutenez pourtant pas davantage.
Puis d’autre part, votre désengagement risque de pousser des personnes à commettre des actes répréhensibles pour nourrir leurs enfants affamés. Ces mêmes enfants dont la protection est de votre responsabilité. C’est humainement inacceptable. 

Alain Pichon justifiant la politique de la droite départementale par le besoin de faire des économies et la légalité de cette réduction de l’AMT, Florence Harris est à son tour intervenue : « Vous pouvez faire différemment des autres Départements et être une force de progrès. Nous proposons de ramener cette aide à ce qu’elle était avant. »

Rapport 11 : Représentants du Département au syndicat mixte de l’aéroport de Poitiers-Biard

Anthony Brottier, qui était jusque-là l’un des délégués du Département au sein de cette instance, la quitte pour y représenter à l’avenir Grand Poitiers. Aline Fontaine est désignée pour prendre sa place. Le groupe s’abstient.

Rapport n ° 12 : Convention de logements pour les jeunes de l’ASE avec Habitat et Humanisme

Un partenariat entre le Département et Habitat et Humanisme a été soumis au vote. Il vise à proposer des solutions de logement à certains jeunes sortant du ressort de l’aide sociale à l’enfance. Un public dont le sort est particulièrement suivi par Florence Harris, qui a analysé cette convention.

Oui, cette convention va dans le bon sens sur un point essentiel : le logement doit être une condition préalable de l’insertion, et non une récompense accordée une fois l’insertion réussie. C’était d’ailleurs une orientation clairement présente dans le programme de La Vienne en transition.
Le partenariat avec Habitat et Humanisme peut donc être utile pour éviter certaines sorties sans solution.
Mais derrière cette orientation positive, il faut regarder la réalité du dispositif.
D’abord, il ne s’agit que d’une expérimentation d’un an. Ensuite, elle ne concerne qu’une quinzaine de jeunes sur l’ensemble du département. Et surtout, elle cible les jeunes déjà considérés comme autonomes et solvables.
Autrement dit, ce dispositif aide principalement celles et ceux qui ont déjà le plus de chances de réussir leur insertion.

Mais alors, que fait-on des autres ? Des jeunes qui sortent de l’ASE avec des parcours plus difficiles, sans ressources stables, parfois en souffrance psychologique, parfois isolé·es, parfois sans solution administrative durable ?
Je m’interroge aussi sur la question des MNA. La convention précise que l’association poursuivra son action en leur faveur « sans aide financière supplémentaire ». Cela signifie-t-il que les jeunes MNA ne bénéficient pas réellement du financement prévu dans ce dispositif ? Si c’est le cas, pourquoi ?
Et pendant ce temps, la FUAJ, liée à l’auberge de jeunesse de Poitiers où des jeunes MNA sont hébergé·es, est en liquidation judiciaire. Là aussi, nous attendons des garanties claires sur la continuité de l’accompagnement.
Enfin, le Département mobilise ici des crédits État dans le cadre du CDSIE pour construire ce dispositif, ce qui est utile. Mais cela pose aussi une question : si cette expérimentation devait être pérennisée ou élargie, le Département est-il prêt à s’engager davantage et durablement pour renforcer réellement l’accompagnement des jeunes sortant de l’ASE ?
Pour toutes ces raisons, nous ne voterons pas contre cette convention, parce qu’elle apporte malgré tout une réponse utile à certain·es jeunes. Mais nous ne pouvons pas non plus la soutenir pleinement tant elle reste insuffisante au regard des besoins. Nous nous abstiendrons donc.

Ludovic Devergne, qui aurait souhaité un texte « plus ambitieux » et Grégory Vouhé, qui souhaitait un engagement à poursuivre le dispositif si l’expérimentation était concluante, ont appuyé l’abstention du groupe.

Rapport n ° 15 : Aide à la primo-installation de professionnels de santé

Evoquant le rapport précédent qui établissait une convention avec l’ARS dont la reconduction serait soumise à évaluation, Ludovic Devergne a souhaité que le même souci de contrôle entre en vigueur au sujet des aides à l’installation de soignants, « comme nous le demandons depuis plusieurs années« .

Une demande répétée mais entendue, puisque le Département a annoncé que cette évaluation était en cours et que les résultats en seraient prochainement communiqués.

« Nous sommes conscients, on l’a dit, on le répète : ce n’est pas l’aide du Département qui détermine leur installation [celle des professionnels de la santé] sur le territoire. Ils le disent eux-mêmes, a rappelé Grégory Vouhé. Nous voterons, avec constance, contre ». Trois votes contre, donc.

Des félicitations

Grégory Vouhé a salué en séance le travail effectué par les services départementaux dédiés à la culture, tandis que Ludovic Devergne a mis en exergue la qualité du travail et de l’ambiance à l’œuvre au sein de la commission d’appels d’offres dans laquelle il siège.

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