Commission permanente du 12 mars 2026 : « La sécurité des habitants doit être la priorité du Département »

Suite à nos interventions à ce sujet, les élus départementaux, réunis en commission permanente jeudi 12 mars 2026, ont fait état d'un soutien appuyé aux équipes du collège Jules-Verne ainsi qu'aux pompiers de la Vienne.

Peu de sujets figurant à l’ordre du jour de cette séance concernaient spécifiquement les élus du groupe. En revanche, le long propos liminaire du président du conseil départemental, Alain Pichon, a démontré que les récentes mobilisations des conseillers départementaux La Vienne en transition ne sont pas passées inaperçues.

Les élus du groupe se sont rendus à plusieurs reprises au collège Jules-Verne de Buxerolles, pour y soutenir l’équipe éducative qui réclame plus de moyens ; et ont pris position sur le sujet [lire notre communiqué]. Bien qu’ayant décliné notre proposition de vote d’une motion de soutien au collège Jules-Verne (« pour des raisons de compétences« ), Alain Pichon a confirmé « le manque de cohérence de cette baisse de moyen« , et affirmé au nom de la majorité de droite du Département, « tout [leur] soutien concernant les besoins du collège Jules-Verne« .

L’élu a ensuite évoqué la situation du Sdis 86 (Service départemental d’incendie et de secours de la Vienne), dont nous fustigeons régulièrement le sous-financement par le Département (lire ici). Indiquant qu’il pensait que « le financement des Sdis [allait] dans le mur partout en France« , il a annoncé qu’il proposerait « que le Département augmente sa participation au financement du Sdis« . Une annonce de « rallonge » était déjà dans l’air depuis la rédaction de la convention triennale de financement, et nous serons particulièrement vigilants à ce que les mesures de rectification prises soient à la hauteur de l’enjeu.

« Ce seraient des heures volées aux enfants »
Ludovic Devergne

Ludovic Devergne a remercié le président du Département pour sa prise de position en faveur du collège Jules-Verne et rappelé tous les indicateurs montrant les besoins spécifiques de ses élèves. « On est dans une aberration absolue, a-t-il affirmé. Des heures seraient volées aux enfants si cette décision [de diminution de la dotation horaire globale de l’établissement] était maintenue. Le conseil d’administration du collège a rejeté par deux fois cette DHG, ce qui est rare. Pourquoi les enfants issus des milieux les plus défavorisés n’auraient-ils pas accès au latin, au grec, au chinois ? » Rappelant que le conseil départemental avait voté une modification de la carte scolaire ayant permis d’augmenter la mixité sociale au sein de ce collège, Ludovic Devergne a estimé que le rectorat allait « à l’encontre de cette décision, prise ici, à l’unanimité« . Avant d’inviter le président Pichon et les autres conseillers de la majorité à rendre visite, à leur tour, aux équipes éducatives et aux parents d’élèves.

« Le secours aux habitants doit être prioritaire sur tout le reste »
Ludovic Devergne

Concernant le Sdis, le conseiller du canton de Poitiers 2 s’est montré très incisif envers ses homologues de droite : « Vous dites que tous les Sdis en France sont en grande difficulté de financement. C’est vrai. Mais notre Département a choisi d’appliquer l’un des plus faibles niveau de financement par habitant en France ! Il n’est pas normal qu’on impose des pertes de chance aux habitants de la Vienne, et que les délais d’intervention soient de 25 minutes dans certains secteurs et de 15 minutes dans d’autres. Le secours aux habitants doit être prioritaire sur tout le reste. Alors, où trouver cet argent ? Je me permets une boutade : En vendant le château, peut-être ? »

Délibération n° 1 : Financement de la Manufacture de l’eau

Le premier point figurant à l’ordre du jour était dédié au subventionnement de la construction d’une usine de traitement des eaux baptisée « La manufacture des eaux », à Naintré. Un projet dont le coût a explosé et que le Département renonce donc à financer à 20 % comme initialement prévu. Grégory Vouhé, membre de la commission Climat et Développement durable travaillant sur ce dossier, a donc pris la parole : « Puisque le projet intègre, je cite, « les problématiques des pesticides », il faudrait faire supporter ces coûts exorbitants aux pollueurs, selon le principe pollueur-payeur« .

« Les traitements de l’eau sont faits avec des produits qui ont un risque pour la population, comme on nous l’a dit en commission. »
Grégory Vouhé

Constatant l’échec du Département à préserver la qualité de la ressource en eau potable, il a indiqué qu’il serait nécessaire d’effectuer « un forage exceptionnellement profond pour prélever l’eau à 300 mètres de profondeur, dans une nappe moins polluée« . Et par conséquent réclamé l’interdiction des « intrants, fongicides et pesticides sur les zones de captage, autrement dit d’arrêter d’empoisonner les sols et l’eau.
On ne peut pas continuer à jouer comme on l’a fait depuis des années avec la santé des habitants du département, qui doit être une priorité absolue
« .

Délibérations n° 36 et 37 : Financements aux collèges privés

Enfin, Florence Harris, comme à son habitude, s’est abstenue sur les délibérations touchant au financement des collèges privés par le Département. Avant d’expliquer son choix comme suit.

« Monsieur le Président, cher·es collègues,
Je m’abstiendrai sur ces subventions à l’enseignement privé.
Je veux d’abord rappeler la situation du collège Jules-Verne de Buxerolles, classé en REP, qui accueille des élèves parmi les plus modestes et qui va pourtant perdre des heures d’enseignement. Notre groupe avait proposé une motion de soutien aux équipes éducatives et aux parents d’élèves mobilisé·es ; motion que vous avez refusé de soumettre au vote de notre assemblée.
Cette situation s’inscrit d’ailleurs dans une dynamique nationale marquée par des choix budgétaires qui fragilisent le service public de l’éducation : moins de moyens, des enseignant·es moins remplacé·es et des dotations horaires globales qui diminuent dans de nombreux collèges.
Dans un tel contexte, je considère que le Département devrait jouer un rôle de contrepoids et affirmer clairement son soutien au service public de l’éducation.
D’autant que l’enseignement privé est largement financé par de l’argent public : environ 73 % de ses ressources proviennent de financements publics.

Or ces établissements accueillent proportionnellement beaucoup plus d’élèves très favorisé·es — 40 % contre 20 % dans les collèges publics — et cet écart ne cesse de se creuser au fil des années.

Dans ces conditions, on peut légitimement se demander si ces établissements, qui accueillent majoritairement des publics favorisés, ont réellement besoin de financements publics supplémentaires.
C’est pour ces raisons que je m’abstiens.
« 

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